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Le mot de l'évêque
 
 
 



Mise à jour : 
20 mars 2017





Lettre ouverte sur portes ouvertes
Et si nous mettions tout en œuvre pour que les portes de nos églises soient ouvertes ? Ce témoignage pourrait nous y aider…

« Il existe des instants dans la vie que l’on ne peut partager ; ils sont si forts en joie, ou bien trop tristes pour en parler. Cependant, sur notre chemin si une porte reste ouverte, on s’y engouffre et cet instant devient PAIX. J’ai rencontré dans ma vie cette joie si immense, mais aussi cette si grande détresse. C’est de cette peine dont je vous parle. En passant devant mon église, celle où ont été célébrés les deux plus beaux jours de ma vie, je me suis arrêtée. J’y suis entrée car ses portes étaient béantes, et ma peine s’est enfin libérée.
C’est la rencontre avec le Seigneur que je recherchais, mais je l’ignorais. Grâce à cette église si hospitalière, j’ai compris. Le pas était franchi : je pouvais enfin laisser éclater mon chagrin, laisser résonner mes sanglots, couler mes larmes. Je n’y trouvais ni jugement, ni peur, ni honte, ni de regard que je ne pouvais affronter. J’étais en confiance ; Marie me rassurait. J’entendais le réconfort dont j’avais besoin. La flamme de son cierge brûlait pour moi. Je comprenais ce qui m’arrivait. J’étais apaisée.
Je ne me rends pas à l’église lorsqu’il est célébré une messe. En réalité, je m’y rends lorsque je suis seule. Dans mon existence, je rencontre souvent le besoin de recueil, de paix, de solitude. Je me rends à l’église pour les trouver. J’ai aussi besoin du Seigneur à l’heure où les messes ne se disent pas. C’est pourquoi je suis heureuse de trouver la maison de Dieu, la maison de Tous, ouverte dans la journée. Je suis attirée par cette atmosphère, cette sérénité, par la grandeur du site, par la beauté, par les souvenirs qu’elle dégage. L’église n’a besoin d’aucune présence pour vivre, sa lumière suffit.
Si mon église était fermée, mon cœur ne s’ouvrirait pas si souvent.
Si toutes les églises étaient ouvertes, dans chaque village je me sentirai chez moi en PAIX.
Merci à ceux qui ont confiance. Merci. » 

Caroline


De l’hospitalité faite à la vie...
« Seigneur, saisis-nous par ta puissance et ta lumière pour protéger toute vie,
pour préparer un avenir meilleur,
pour que vienne ton Règne de justice et de paix,
d’amour et de beauté. » (Pape François – Laudato si)


Notre société, en manque ou en recherche de repères éthiques, s’engage parfois dans des évolutions de son droit qui mettent à mal la conception de l’homme qui dominait jusqu’alors. Celle-ci avait été chèrement acquise par des siècles de culture religieuse et philosophique. On peut parler à juste titre de choc civilisationnel.
Le maître mot, peut-être, des défis que nous avons à relever pour être accueillant à la vie, au plus faible, au plus marginalisé, est le mot « hospitalité ». C’est cette même vertu, fruit de la grâce du Christ, qui nous pousse à accueillir l’enfant non désiré et le réfugié jeté sur les routes avec sa famille, par la guerre ou la grande misère.
Comme il est paradoxal notre monde qui est capable de déployer des trésors d’ingéniosité pour sauver des oiseaux englués dans des résidus d’hydrocarbures ou étouffés par des plastiques et qui, dans le même temps s’habitue à voir des hommes, des femmes et des enfants, se noyer par milliers, sans s’émouvoir plus que cela. « Mondialisation de l’indifférence » disait le Pape François à Lampedusa. « Culture du déchet » répètera-t-il souvent, en se référant tantôt à l’avortement, tantôt aux autres atteintes à la dignité humaine.
Le pape Benoît XVI, dans « Caritas in Veritate », attirait notre attention (reprenant l’enseignement de Paul VI dans « Humanæ Vitæ » et du pape Jean-Paul II dans « Evangelium Vitæ »), sur les liens très forts existant entre éthique de la vie et éthique sociale. C’est le même mouvement intérieur, fruit de l’amour du Saint Esprit présent au cœur du baptisé qui le pousse à accueillir l’enfant à venir et à ne pas laisser dans la rue le sans abri. Nous ne pouvons nier la présence, l’existence, la dignité, d’aucun de nos frères en humanité au prétexte qu’on ne le voit pas, qu’on ne le connaît pas, ou encore que l’on n’a pas de place ou de projet pour lui.
« N’oubliez pas l’hospitalité : elle a permis à certains, sans le savoir, de recevoir chez eux des anges ». (Lettre aux Hébreux 13, 2)

† Jean-Marc Eychenne
Evêque de Pamiers, Couserans et Mirepoix




La fête de Noël c’est l’antidote au désespoir.
Au cœur de la nuit – nuit de nos tristesses, de nos découragements, de nos souffrances (subies ou provoquées), de nos abattements, de nos paralysies… - cet enfant est porteur de toutes nos espérances.  Au cœur des ténèbres, de façon inattendue, la lumière surgit ; au plus intime de nos morts, la vie prend le dessus. Un rejeton sort de la souche de Jessé… et de David. Quoi de plus improbable que de voir la vieille souche, la vieille racine, laisser échapper un bourgeon ?

Nous nous laissons anesthésier la plupart du temps par les soucis du quotidien, par des besoins, réels ou supposés, qui organisent nos vies, et une fois dans l’année, il est une nuit dédiée à un mystérieux enfant, qui vient remettre en cause nos habitudes, qui vient contester ces logiques dans lesquelles nous nous laissons emprisonner.

Que serions-nous devenus, si depuis notre toute petite enfance, nous n’avions pas eu cet inédit, incompréhensible événement, chaque fois retrouvé ? Il y a là quelque chose qui nous dépasse : Dieu vient à la rencontre de l’homme. Et de quelle façon ! Le puissant vient habiter la fragilité d’un enfant ; celui dont tout procède se fait pauvre ; celui qui est le verbe, la Parole créatrice, ne sait pas parler ; le Dieu des armées est sans arme aucune (désarmé).

Que comprennent les enfants de ce mystère – qu’étais-je en mesure de comprendre à leur âge - ? Rien, ou presque rien, si ce n’est que se joue là quelque chose d’important (peut être même la chose la plus importante de l’histoire de toute l’humanité). Et nous ne sommes pas si différents d’eux…

C’est la fête de la famille humaine. Famille rassemblée autour d’un des siens qui est le premier et le dernier, l’Alpha et l’Omega.

Grâce à cette fête, nous croyons peut-être à nouveau en l’homme. La flamme de l’espérance est rallumée. Ceux qui étaient abattus, immobilisés au bord du chemin, se remettent en route. Oui cela vaut la peine d’être un homme, une femme, un enfant, un vieillard ! Oui c’est une belle aventure que l’aventure humaine !

Oui il y a des chemins possibles pour l’amour, la justice et la paix ! Non, l’humanité n’est pas morte à Alep en Syrie, ou à Berlin en Allemagne, elle peut renaître.

+ Jean-Marc Eychenne
Evêque de Pamiers, Couserans et Mirepoix



À quoi bon ?
(Un film et deux petits livres)

Tout aurait pu conduire Christian et Marie-France des Paillères, en découvrant la décharge à ciel ouvert de Phnom-Penh au Cambodge, et ces enfants perdus, condamnés à fouiller la boue et les déchets, pour espérer se nourrir un peu; tout aurait pu les conduire donc à se dire: "à quoi bon ?" Et pourtant, ce couple, en âge de prendre sa retraite, sans capital à investir, conscient de ses limites et fragilités, nourri de la foi d'enfant de ces Normands attachés à la Petite Thérèse, va initier une incroyable aventure. Ils ouvriront un avenir possible pour ces enfants et leur famille en permettant la scolarisation et la formation professionnelle pour 10 000 d'entre eux.

Oui, il y a toujours des chemins possibles. Ce film documentaire de Xavier de Lauzanne, "Les Pépites", est vraiment à ne pas manquer. Il illumine l'horizon, parfois bien sombre, de nos espérances.

Deux petits livres peuvent aussi, en d'autres domaines (celui de la politique et celui de la vie de l'Église), nous aider à laisser de côté nos "à quoi bon".

Le premier est le fruit d'un travail des évêques de France et de leur Conseil Permanent. Il s'intitule: "Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique". En voici un petit extrait: " Chacun à son niveau est responsable de la vie et de l'avenir de notre société. Cela demandera toujours courage et audace. Des qualités qui n'ont jamais déserté le cœur de notre pays".

Enfin le délicieux petit roman de Jean Mercier, "Monsieur le curé fait sa crise". Il nous ouvre, de façon légère mais aussi fort pertinente, à une réflexion sur l'avenir de notre Église, qui devra passer par la redécouverte de la puissance du baptême. Nous lisons dans un des dialogues: "Le baptisé sous-estime ou méconnaît l'autorité que lui donne le Christ pour guérir, proclamer le Royaume de Dieu, chasser les esprits mauvais, ressusciter les morts".

Bon visionnage et bonne lecture !

Jean-Marc Eychenne
Evêque de Pamiers, Couserans et Mirepoix

Du bon usage du prêtre.

Si nous posions la question suivante :

Qu’allons-nous faire du prêtre dont le Seigneur nous fait le cadeau ?  Saurons-nous en faire un bon usage ?

Je serais tenté de penser que si le Seigneur fait moins entendre son appel qu’en d’autres périodes de la vie de notre Église, c’est peut-être pour nous indiquer que nous avons une approche de ce ministère trop « mondaine » (selon la logique du monde) et pas assez évangélique. Alors peut-être préfère-t-il ne pas nous en donner trop, plutôt que de courir le risque de les voir utilisés à contre-emploi.

Cette erreur d’appréciation sur la place que le Christ lui-même venait prendre au sein de son peuple et pour l’humanité, les apôtres n’ont pas cessé de la faire. Tant et si bien que parfois Jésus semblait leur demander de ne rien dire à son propos plutôt que de propager un contre-sens. Les réponses au « Pour vous qui suis-je », de Marc 8, 27-33, sont suivies - tant le Seigneur perçoit qu’ils se trompent profondément sur son identité - de cette précision : « Il leur défendit alors vivement de parler de lui à personne ». Ses disciples peinent tellement à accepter l’idée d’un messie souffrant, humilié, prenant la dernière place, lavant les pieds de ses disciples, que cet épisode se conclut par ces mots adressés à Pierre : « Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. »

Nos pensées sur le prêtre (ordonné pour signifier la présence du Christ Pasteur au sein de son peuple) sont-elles celles de Dieu ou celles, trop humaines, de ceux et celles qui attendent un chef, un manager, un patron, un animateur, un directeur, un maître ?... En bref quelqu’un qui nous permette de nous déresponsabiliser en renvoyant tout sur lui, oubliant que la consécration baptismale fait de nous, là où nous sommes plantés, des prêtres, des prophètes et des rois ! Notre Église diocésaine aura à affronter courageusement, sans peur, ces questions sur l’identité baptismale, l’identité diaconale et l’identité presbytérale.

« Vous m’appelez « Maître » et « Seigneur », et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. » (Jn 13, 13-14) Oui, il y a – par participation à celle du Christ – une dignité indéniable dans la personne du prêtre, et nous avons un besoin essentiel de lui. Mais sa place doit être bien comprise.

À n’en pas douter, lorsque nous nous serons engagés dans cette voie, le Seigneur nous enverra des prêtres plus nombreux. C’est au centuple qu’il fera vivre des joies aussi intenses que celle de l’ordination de notre frère Cédric !

 

† Jean-Marc Eychenne
Evêque de Pamiers, Couserans et Mirepoix




Sommes-nous des chrétiens comestibles ?

Le Pape François dans ses catéchèses sur l’Eucharistie insiste souvent sur cette question : - Quels sont les signes concrets nous permettant de penser que nous vivons de façon authentique notre communion ou nos adorations eucharistiques ? Il donne alors ce repère de discernement : si nous nous sentons poussés vers tous nos frères et sœurs en humanité, et particulièrement vers les plus fragiles ou les plus pauvres, il est alors très probable que nous ayons fait place au Seigneur en nous. « L’Eucharistie transforme notre vie en don aux frères », nous explique-t-il.
Madeleine Delbrêl ne dit pas autre chose quand, parlant du Père de Foucauld, elle explique que, comme lui, nous devrions être si branchés sur l’hostie que  « nous recevions de l’Eucharistie la grâce qui nous rendra priants, immolés et donnés à nos frères…/… livrés aux hommes pour être mangés par eux. » Quelle étonnante expression !
Mes amis, sommes-nous des chrétiens comestibles ? Sommes-nous donnés aux autres, à l’image du Christ qui se donne à nous en nourriture ?
Ceux qui nous voient vivre, devraient pouvoir dire : Cet homme (cette femme, ce jeune, cet enfant…), je ne partage pas complètement sa foi, mais je vois bien qu’il est donné aux autres, que l’on peut vraiment compter sur lui si on est en difficulté (« en galère » diraient les jeunes). Cette personne n’est pas comme un pain dur sur lequel on peut se casser les dents mais, au contraire, accueillante, pleine d’écoute, de générosité et de disponibilité.
Oui, chrétiens, nous avons pour vocation d’être les témoins d’un Dieu de tendresse et de miséricorde. Par l’Eucharistie, le Seigneur Jésus nous transforme en Lui, fait de nous le bras armé de son amour et de son pardon. Il fait de nous un succulent pain de vie qui nourrit et guérit. Abandonnons-nous à sa grâce et nos vies deviendront le livre des merveilles de Dieu.

† Jean-Marc EYCHENNE,
évêque de Pamiers, Couserans et Mirepoix
in ECA 180, juin-juillet 2016



L’Eucharistie nous conduit vers les autres

C’est au cours de sa seconde catéchèse sur l’Eucharistie, le 12 février 2014, que le Pape François a développé cette idée.

Pourquoi l’accueil du Seigneur dans les sacrements a-t-il cette vertu de nous arracher à la préoccupation de nous-même pour nous tourner vers les autres ?

Parce qu’accueillir en nous Celui qui est Miséricorde, qui est tout entier don de lui-même aux autres, nous transforme en Lui, nous configure à Lui. Et d’introverti que nous étions, nous voilà presque tout entier orienté vers autrui.

Qu’il nous suffise de voir comment, dans l’Évangile de Luc, le récit de la visitation suit celui de l’Annonciation.

Les fruits immédiats, en Marie, de l’accueil du Seigneur en elle se traduisent par son départ « en hâte » chez sa cousine Élisabeth !

Madeleine Delbrêl, en parlant de Charles de Foucault disait de lui qu’il était « comme branché sur l’hostie pour être fait par elle quelqu’un d’immolé et de priant …/… Homme mangé, lié constamment au Dieu nourriture, mangé par le service constant de ses frères. »

Voulons-nous savoir si, dans nos célébrations eucharistiques, dans nos temps de prière silencieux devant le tabernacle, nous avons véritablement laissé le Seigneur nous assimiler à Lui ? Regardons les fruits d’ouverture que cela a produit ou non. Le critère d’authenticité de notre démarche se situe vraiment là.

Le Pape François ne cesse de nous inviter à être une Église en « état de sortie », l’Église de la Miséricorde. « Oui, je crois que ce temps est celui de la Miséricorde. L’Église montre son visage maternel, son visage de maman à l’humanité blessée. Elle n’attend pas que les blessés frappent à sa porte, elle va les chercher dans la rue, les accueille, les embrasse, les soigne, leur fait sentir qu’ils sont aimés. »

Laissons-nous emmener par la puissance eucharistique de vie et d’amour, au-devant de tous nos frères en humanité.

Jean-Marc EYCHENNE,
évêque de Pamiers, Couserans et Mirepoix
in ECA 178, mars 2016




La miséricorde suppose la justice 

L'année de la miséricorde dans laquelle nous a engagé le Pape François, nous amène peu à peu, et au grè des évènements qui marquent nos vies, à mieux comprendre cet élan du cœur de Dieu et des hommes. 

Être miséricordieux signifie-t-il renoncer à ce que justice soit rendue ? Choisir l'amour revient-il à cacher ou nier la vérité? 

Nous prions avec le psalmiste en utilisant ces mots: 

« Le Seigneur est tendresse et pitié
lent à la colère et plein d'amour
Il n'agit pas envers nous selon nos fautes
ne nous rend pas selon nos offenses » (Ps 102) 

Oui, le Seigneur manifeste sa tendresse, mais il ne nie pas la faute et l'offense, et la confession de son péché de la part de l'homme pécheur permet la tendre révélation de l'amour de Dieu

Quelle puissance de vie dans cette action recréatrice de notre dignité de la part du Seigneur ! 

« Quand vos péchés seraient comme l'écarlate,
comme neige ils blanchiront ;
quand ils seraient rouge comme la pourpre,
comme laine ils deviendront. » (Isaïe 1,18) 

Le cardinal Etchégaray disait : « L'aveu sacramentel restitue le pécheur à lui-même, et lui permet de se tenir avec confiance tel qu'il est devant Dieu - sans faux-fuyant ni fausse honte - Et, en s'ouvrant au pardon, l'aveu engage l'homme réconcilié sur un chemin de progrès à partir des situations les plus désespérées. » 

Alors, oui, la justice de Dieu porte la lumière sur nos errements, et la miséricorde met sur nos plaies le sceau de sa tendresse. 

Puissions-nous chacun et chacune dans cette année, faire l'expérience de la miséricorde reçue, après que Dieu nous ait fait la grâce de quelque « opération vérité ». Puissions-nous aussi être acteurs et témoins de miséricorde auprès de nos frères qui attendront qu'après l'heure de la justice vienne celle de la réconciliation. 

Soyons ces « anges de miséricorde », tendres et généreux.

† Jean-Marc Eychenne, 
évêque de Pamiers, Couserans et Mirepoix (in ECA 176, décembre 2015)





Artisans d’unité féconde
« Recherchons donc ce qui contribue `ÿ la paix, et ce qui nous associe les uns aux autres en vue de la mdÿme construction. » (Rm 14,19)

«  Recherchons  donc  ce  qui  contribue  à  la  paix,  et  ce  qui  nous  associe  les  uns  aux  autres  en   vue  de  la  même  construction.  »  Rm  14,19  

 

Il y a des moments de notre vie individuelle et collective où, plus qu'à l'habitude, il nous semble urgent de travailler à notre unité. Nous sommes dans une de ces séquences. On pourrait déplorer qu'il faille de tels drames pour que cette prise de conscience s'effectue, mais c'est ainsi. 

Pour ce qui nous revient (en famille, avec notre voisinage, sur nos lieux de travail, dans nos associations, dans nos communautés chrétiennes, dans notre presbytérium ... ) quelles sont les attitudes et les gestes simples, à notre portée, qu'il serait possible de poser? 

Sommes-nous assez unis et comment pourrions-nous grandir dans cette unité? 

Pour ne parler que de prêtres dont la charge m'a été particulièrement confiée lorsque l'on m'a demandé de devenir l'évêque de l'Ariège, ne serait-il pas possible que leur unité soit plus manifeste et qu'ainsi leur ministère devienne plus fécond? 

Il y a de beaux signes d'unité entre eux, et de beaux témoignages de fraternité, mais aussi bien des éloignements (géographiques ou fraternels ... ) Or de leur unité dépend aussi l'unité du peuple qui leur est confié. Ce peuple c'est l'ensemble des baptisés, mais aussi l'ensemble des habitants de notre territoire. 

L'unité d'une famille se construit autour d'une paternité et d'une maternité. Il me faut endosser ce rôle du père, garant et artisan de l'unité de ses enfants. M'efforcer, par grâce, d'être à la fois proche, miséricordieux et aussi parfois exigeant. C'est une tâche face à laquelle on peut se sentir bien pauvre et petit. Mais je crois, dans la foi, que le Seigneur m'attend sur ce point pour apporter ma pierre à la paix qui vient de Lui. 

Pourquoi vous « confesser» cela aujourd'hui dans ce journal diocésain? 

Pour inviter chacun, là où il se trouve, à se poser une question analogue: 

Ici et maintenant, comment le Seigneur attend de moi que je sois un artisan de sa paix? Quelle est la mission de paix, toute simple peut-être, mais confiée à moi seul, que le Seigneur me confie? 

Que le prince de la Paix nous illumine et nous donne sa force. 

Jean-Marc Eychenne 

évêque de Pamiers, Couserans et Mirepoix 



De l’indispensable inutilité de la Prière

Parmi les lectures de cet été, un article intitulé « De l’indispensable inutilité de la poésie » a suscité mon attention.

L’auteur, (Jean-Noël Cuenod) réagissait à la suppression de la seule émission radiophonique de poésie, de la grille de programmation de France Culture.

Essayons-nous à paraphraser tel ou tel passage en remplaçant le mot ″poésie″ par le mot ″prière″ : « Ce qui fait résistance dans la prière (poésie), c’est son inutilité. Elle ne peut pas servir à baliser une carrière, à s’insérer dans la lutte des places, à amorcer la pompe à phynances. Elle ne saurait être, en aucun cas, un divertissement, c’est-à-dire une occupation qui détourne l’humain de l’essentiel. Au contraire, la prière (poésie) va à l’essentiel, alors que la société médiamercantile impose le superflu.

La prière (poésie) est dilatation de l’être ; elle l’aspire vers l’émotion spirituelle (esthétique). La société médiamercantile est rétractation de l’être ; elle le rabougrise dans sa seule dimension de tube digestif. »

Oui, la prière, le don gratuit de son temps et de toute sa vie, sont, sans doute, les actes les plus puissants de contestation d’un système dans lequel tout est marchandise. Charles Péguy, poète-priant, mettait ces mots dans la bouche du Christ dialoguant avec sa mère : « Tout se vend et s’achète et se livre et s’emporte, rien ne se donne plus, et moi j’ai tout donné. » (dans son poème Ève)

Poètes, artistes, priants, ardents bénévoles et bienveillants – de tous bords – sont des frères de sang, des apôtres de la gratuité. Ces hommes et ces femmes dont nous avons besoin pour espérer voir se lever sur notre monde un jour nouveau, préfiguration du Royaume dans lequel tout ne sera que gratuité car tout ne sera qu’Amour.

Une prière pleine de poésie, glanée aussi au hasard des rencontres gratuites de l’été :

« Seigneur, je t’adore,
même si je ne sais pas ce que cela veut dire.
Je te remercie,
même si c’est seulement avec des paroles.
Je te demande pardon,
même si c’est sans une larme.
Je t’offre tout,
même si je n’ai rien.
Je veux t’aimer,
même si j’en suis absolument incapable. »

(Père Augusto Gianola, missionnaire en Amazonie)

† Jean-Marc Eychenne,
évêque de Pamiers, Couserans et Mirepoix


 

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Évêque
8
EYCHENNE Jean-Marc
Évêque de Pamiers (2014-…)
Évêque de Pamiers, Couserans et Mirepoix
 
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Documents
De l'hospitalité faite à la vie
in ECA 183, janvier-février 2017 © JME 2017
À quoi bon ?
in ECA 182, novembre-décembre 2016 © JME 2016
Du bon usage du prêtre.
in ECA 181, septembre-octobre 2016 © JME 2016
Sommes-nous des chrétiens comestibles ?
in ECA 180, juin-juillet 2016 © JME 2016
L'eucharistie nous conduit vers les autres
in ECA 178, mars 2016 © JME 2016
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