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ENTRE DEUX TOURS

Publiée le : 29/04/2017


Entre deux tours


Les études menées au cours des rendez-vous électoraux des dernières années ont confirmé que les catholiques pratiquants sont moins nombreux à voter pour l’extrême-droite que la moyenne nationale. Le regretté René Rémond faisait déjà remarquer en 2002, que la montée du Front National est aussi la traduction d’une baisse des repères chrétiens dans notre société. Veut-on encore de l’Église catholique en France ? Il ne suffit pas d’appeler à une prise de position contre un candidat pour corriger les effets des incohérences dramatiques des choix politiques de la décennie passée.

Il faut donc aujourd’hui que la classe politique et avec elle toute la société se ressaisissent et s’interrogent sur la signification du rejet constant des religions et de l’Église catholique. On ne peut d’un côté brandir la laïcité pour exclure les prises de positions de l’Église lorsqu’elles dérangent et d’un autre côté en appeler à l’Église catholique pour tenter de sauver ce qui peut encore l’être !

L’Église de France en appelle à la cohérence des responsables politiques et des citoyens. Portée par la foi, l’espérance et la charité que le Saint-Esprit lui inspire, l’Église, formée de l’ensemble des personnes baptisées, ne s’affaiblit pas dans ses fondements. Elle voit cependant son rayonnement faiblir lorsque sa parole cesse d’être reconnue comme une voix au service du bien commun.

Aujourd’hui, les responsables de l’Église de France rappellent qu’il appartient d’abord à chaque baptisé de s’efforcer de vivre en chrétien au milieu de leurs frères et sœurs, en cherchant à s’unir toujours plus profondément au Christ Seigneur.

Ils rappellent que les grandes familles religieuses sont les gardiennes de l’unité et de la paix, les vigies de la dignité de la personne humaine tant des enfants à naître que des vieillards, et les apôtres de la fraternité entre personnes de cultures, de races et de religions différentes, pleine de gratitude pour les dons de Dieu à l’image de Saint François d’Assise.

Ils rappellent que l’unité du pays est son premier bien commun.

Ils rappellent qu’une unité se réalise à condition du respect des différences et non en en cherchant à les abolir par la négation ou l’exclusion.

Ils rappellent que les projets populistes ne peuvent en aucun cas constituer l’assurance d’un avenir paisible et invitent les acteurs de la vie politique à dénoncer les germes de haine et de division qu’ils portent et à y renoncer.

Ils rappellent que les idoles modernes sont une aliénation de la dignité de l’être humain et la source de grande misère matérielle, morale et spirituelle. Les projets politiques fondés sur l’idolâtrie de l’argent finissent en mépris de l’être humain et font la ruine du tissu social. Seul le respect absolu de la famille comme cadre indépassable du développement humain peut lutter contre l’individualisme et nourrir la conscience de la dignité de toute personne.

Enfin, ils rappellent que seul le partage et l’offre d’un travail digne sont le remède à des souffrances aussi bien au niveau national, qu’européen et même mondial.

Il en va donc de la responsabilité de tous les candidats à des élections présentes et futures de prendre la mesure de leurs responsabilités et de savoir s’engager au service du bien de la France et de son rayonnement dans le monde par l’écoute, l’accueil et le partage.

P. Laurent Stalla-Bourdillon




Élections présidentielles : l'Église redit son rôle et ses fondamentaux

À l’issue du résultat du premier tour des élections présidentielles, la Conférence des évêques de France rappelle différents points évoqués à de nombreuses reprises au cours des derniers mois.

  • SUR LE ROLE DE L’EGLISE CATHOLIQUE
  • LES FONDAMENTAUX POUR AIDER AU DISCERNEMENT

SUR LE ROLE DE L’EGLISE CATHOLIQUE

A la lumière de l’Evangile qui inspire son Enseignement social, l’Eglise catholique veut éclairer les consciences en donnant des éléments pour le discernement.

Ainsi, n’appelle-t-elle pas à voter pour l’un ou l’autre candidat mais, en rappelant les enjeux de l’élection, elle souhaite donner à chacun des éléments pour son discernement propre.

Elle redit l’importance du vote : acte citoyen, acte responsable dans une démocratie.

Elle replace ce scrutin présidentiel dans un processus démocratique qui ne s’y limite pas mais qui se prolongera dans les législatives (juin) et les sénatoriales (septembre) ; qui se traduit aussi dans d’autres formes de participation à la démocratie (démocratie participative locale, fonctionnement associatif) ; et qui s’accompagne enfin de l’engagement des citoyens dans la vie sociale.

LES FONDAMENTAUX POUR AIDER AU DISCERNEMENT

Dépositaire du message de l’Evangile qui inspire l’Enseignement Social, l’Eglise catholique en rappelle certains principes fondateurs comme la recherche du bien commun, la destination universelle des biens, la mise en œuvre de la fraternité, l’attention aux plus fragiles, la dignité de la personne humaine et la subsidiarité.

Un an avant le scrutin présidentiel, en juin 2016, dans une déclaration, le Conseil permanent avait souligné 7 points, autant de critères, dans le cadre de cette élection, pour exercer un discernement.

Pour que notre démocratie ne se transforme pas en société de violence, il faut favoriser un véritable débat national sans posture, petite phrase, ni ambition personnelle ; un débat favorisé par un rôle ajusté des médias, qui n’amène pas à l’hystérisation ; un débat dans lequel le fait religieux a une place et les religions ont un rôle.

Quelle société voulons-nous construire ? A quel projet de société pouvons-nous aspirer ? Nous croyons en une société où l’être humain est plus qu’un élément du processus économique ou technologique. La dignité de notre société se reconnait au respect des plus faibles de ses membres depuis le début de leur vie jusqu’à leur fin naturelle.

C’est par un véritable pacte éducatif que les familles et l’école se rapprocheront alors qu’un climat de concurrence ou de méfiance ne peut que les éloigner. Et c’est en soutenant la famille, tissu nourricier de la société, en respectant les liens de filiation, que l’on fera progresser la cohésion sociale.

Une société vivante repose nécessairement sur la recherche du bien commun et la mise en œuvre de moyens de solidarité efficaces. L’État doit intégrer la solidarité dans la construction du projet de société et mettre en œuvre concrètement sa préoccupation des plus pauvres, des personnes âgées, des personnes handicapées, des chômeurs. Négliger les plus fragiles revient à diviser la société. L’Etat doit donc gérer positivement la tension entre un libéralisme sans contrôle et la sauvegarde des mécanismes de protection sociale.

Concernant les migrants, l’accroissement du phénomène migratoire, du à de nombreux facteurs, est un constat, pas un combat. Quand certains pays accueillent des millions de réfugiés, comment notre pays pourrait-il reculer devant la perspective d’accueillir et d’intégrer quelques dizaines de milliers de ces victimes ? Notre volonté de solidarité ne peut pas se réduire au cadre restreint de notre pays.

La solidarité doit aussi s’exercer au niveau européen : l’Europe doit s’engager courageusement dans des politiques d’accueil. Elle doit, parallèlement, mettre en œuvre de véritables programmes de soutien dans les pays d’origine des migrations.

C’est une véritable adhésion des peuples d’Europe au projet européen qu’il faut favoriser. Et cette adhésion suppose de respecter davantage le fait historique et culturel des nations qui composent le continent. Enfin, il faut définir et entrer dans une véritable pratique de la subsidiarité où chaque niveau (Etats, Europe) exerce les responsabilités qui lui incombent.

Enfin, ainsi que l’a rappelé le Pape François dans son encyclique Laudato Si (mai 2015) ainsi que les états participants à la Cop 21 à Paris (décembre 2015), nous avons une responsabilité commune envers l’humanité et les générations à venir sur le plan écologique.
La sagesse nous invite à revoir urgemment nos modèles de consommation et à inventer un monde moins destructeur et plus juste.

Aujourd’hui, le risque principal serait de renoncer à lutter pour l’avenir et de céder à la tentation du fatalisme.

Notre foi chrétienne nous appelle à l’Espérance : les difficultés que nous rencontrons ne sont pas un appel au renoncement. Au contraire, elles nous invitent à investir toutes nos capacités pour construire une société plus juste, plus fraternelle dans ses diversités et plus respectueuse de chacun.

Mgr Olivier RIBADEAU DUMAS
Secrétaire général et Porte-parole


Quelques évêques se sont exprimés à l'issue du scrutin du 23 avril, dans l'entre-deux tours.
(Cliquer sur le lien ci-dessous)

Paroles d'évêques…






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