Biographies des saints du diocèse de Pamiers (III)
 
 
Sainte Natalène (12 novembre) ; saint Raymond de Durban (20 juin) ; saint Saturnin (29 novembre) ; saint Udault (11 mai).
 
Sainte Natalène

Au IXème sièclè, la ville de Pamiers est sous domination romaine. L'implantation du christianisme à Pamiers apparaît à travers le récit de la vie de Natalène.
Elle serait née vers l’an 360, à Frédélas (ancien nom de Pamiers) dans une noble famille romaine. Son père, gouverneur de la ville occupait le château du Castella. Espérant, après huit filles, avoir un fils, il fut déçu à la naissance de l'enfant et ordonna à une servante de la noyer. Au moment d'exécuter son geste, la femme fut arrêtée par saint Martin qui, justement, passait par là. Il recueillit Natalène, la baptisa, la confia à une famille chrétienne. Elle grandit dans cette religion, mais dénoncée et amenée devant le gouverneur, elle lui avoua son origine, mais également sa foi, ce qui lui valut d'être condamnée à être décapitée au bout du quartier actuel de Lestang. Lorsque le bourreau lui trancha la gorge, une source jaillit à cet endroit.
Très longtemps cette eau fut considérée comme miraculeuse. On venait en chercher dans l'espoir d'une guérison. Aujourd'hui encore les Appaméens s'approvisionnent à la fontaine de Milliane bien que le lieu exact du martyre reste inconnu. La source se trouverait à l'emplacement actuel de la fontaine Sainte-Hélène. La tradition orale, ou «légende», rapporte un autre miracle : la sainte prenant la tête dans ses mains, rentra à Pamiers par la porte Sainte-Hélène (déformation de son nom) et marcha jusqu'à la place du Camp où elle succomba. Elle fut ensevelie dans ce lieu et, d'après la tradition, lors de la construction de Notre-Dame-du-Camp, on lui consacra une chapelle à l'emplacement de sa sépulture.
Les reliques de la sainte sont encore conservées de nos jours dans cette église.
Fête le 12 Novembre.

Sources : histoire de Pamiers, 1981.
 
Saint Raymond de Durban (ou de Barbastro)

Raymond naquit à Durban dans le Couserans. Après ses études, il embrassa la carrière militaire et passa rapidement du service séculier au service divin, à l'église de Saint-Antonin de Pamiers, en tant que chanoine régulier. Dans sa vie religieuse où il revêtit la pauvreté du Christ, il fut remarqué et succéda à l'abbé des chanoines de Saint-Sernin à Toulouse. Il s'acquitta de cette charge avec douceur et humilité.
Sa sainteté se répandit jusqu'en Aragon, à Barbastro et le peuple des fidèles souhaitait le voir évêque. Le roi d'Aragon, Alphonse, lui demanda d'accepter cette consécration. Dans son ministère, il ne cessa de travailler pour l'Église reconstruisant les églises détruites par les Maures, traquant les mœurs licencieuses des chrétiens, allant même jusqu'à faire des remontrances à un évêque qui convoitait l'évêché de Barbastro. Pour cela, il fut exilé à Roda de Isabena.
Revenu en Gaule, il participa à plusieurs conciles dont celui de Toulouse (1119) que présidait Calixte Il. Il a également assisté au transfert des reliques de saint Volusien dans la nouvelle église de Foix. Le pape Pascal II n'admettait pas l'injustice dont Raymond avait été victime et condamna l'évêque de Huesca, instigateur de l'inique mesure. Cet évêque mourut très vite. Le roi rappela Raymond dans sa faveur et l'emmena dans son expédition contre les infidèles. Il fut admirable auprès des officiers et des soldats atteints par une épidémie de peste. Il contracta lui-même cette maladie et, en revenant vers son diocèse, il mourut en chemin (21 Juin 1126). Son corps fut transporté à Saragosse et, grâce à l'évêque de Lérida, une partie de ses reliques furent transportées au village de Durban, le 20 mai 1909.
Saint Raymond est fêté le 20 juin.

Sources : La Croix du Midi - n° 18 -1994 - R. Jalbergue.
   
Saint Saturnin

Après l'Ascension du Sauveur, au début de la prédication apostolique, Saturnin chargé de mission par saint Étienne, vint à Toulouse où il convertit beaucoup de monde. Puis, il alla dans les provinces voisines prêcher la parole de Dieu. Il partit pour Eauze. En passant à Auch, il apprit, par révélation divine, le martyre de saint Pierre. En son honneur, il bâtit une église  sur les bords du Gers. Ensuite, il poursuivit son voyage, arriva à Eauze et franchit les Pyrénées semant partout les graines du salut.
Après tant d'efforts pour répandre partout la doctrine du Christ, il revint à Toulouse. Les démons qu'on y vénérait le redoutaient tellement qu'ils cessèrent de rendre leurs oracles, malgré les sacrifices d'animaux qu'on leur offrait. Émus par ce silence inattendu, les ministres de la superstition résolurent de le faire mourir.
En présence d'une foule considérable, on décida d'offrir un taureau en sacrifice, en vue d'apaiser les dieux. Saturnin vint à passer et quelqu'un, dans la foule, le reconnut : «C'est lui, s'écria-t-il, l'adversaire de notre culte ! Vengeons, et notre honneur et leur gloire : son immolation calmera leur courroux ; sa mort les comblera de joie.» À l'appel de cette voix, la foule en délire fit cercle autour du saint. Un prêtre et deux diacres parvinrent à s'échapper. Saturnin, seul, est traîné au Capitole. On le pousse à sacrifier aux démons. Il témoigne : «Je ne connais qu'un Dieu unique et véritable, c'est à lui que j'immolerai les sacrifices de louanges. Vos dieux sont des démons». À ces mots du saint évêque, ils passèrent, autour du taureau qui devait être immolé, une corde à laquelle ils attachèrent les pieds du saint. Puis, ils excitent vivement Ie taureau qui dévala les degrés du Capitole vers la plaine. Aussitôt, tête brisée, crâne décervelé, corps tout entier déchiré, il rendit à Dieu son âme admirable.
Saint Saturnin est fêté le 29 novembre.
 

Saint Udault

Udault était un Goth de race, un italien par la nation ; il naquit en Lombardie. Converti à la foi, il vint dans les Pyrénées, près des contrées soumises aux Goths, pour y mener une vie d'ermite. Ordonné prêtre, il voulut annoncer l'Évangile à ses frères de race, en particulier aux Huns. Il se rendit d'abord à Toulouse pour demander au martyr saint Saturnin de bénir son dessein, puis il partit vers l'Orient et parvint au camp d'Attila. Déjà la parole de Dieu, abondamment semée, s'épanouissait en moisson quand «l'homme ennemi» suscita des obstacles. Udault fut si cruellement frappé et déchiré que laissé à demi-mort, chassé hors du camp, il n'aurait pu survivre sans l'aide de Dieu.
Revenu à Toulouse, il reçut une partie des reliques de saint Saturnin et édifia en son honneur une église dans le territoire d'Urgel. Les Goths se battirent près des Pyrénées qui étaient sous la domination romaine contre leurs frères de race les Huns. Ils trouvèrent Udault à Ax, dans cette région qui appartint plus tard aux comtes de Foix, le Sabarthès, aujourd'hui du diocèse de Pamiers. Le serviteur de Dieu ne faiblit pas sous leurs coups ; il mourut, la poitrine transpercée, la tête plantée de clous. Son corps est vénéré au monastère de Ripoli, entre Gerone et Vich. Une partie de ses reliques fut transférée à Ax . en 1886 et déposée dans l'église de Saint-Vincent.
Saint Udault est fêté le 11 mai.

Sources : La Croix du Midi - n° 15 - 1994 - R. Jalbergue    
 
Pour augmenter la taille des caractères ...
Pour restaurer la taille originale des caractères ...
Pour réduire la taille des caractères ...
Plan du site | Mentions légales | Extranet | 
© Diocèse de Pamiers, Couserans et Mirepoix