Priorale Saint-Jean-Baptiste de Saint-Jean-de-Verges (Pays de Foix)
 
 
 
L’église actuelle de Saint-Jean-de-Verges, de style roman, est le lieu où Roger Bernard II, comte de Foix, reçut l’absolution du pape par l’intermédiaire du légat après s’être soumis à fustigation humiliante et à toutes les volontés du Roi de France et du légat le 12 juin 1229.
C’est en 1589 que le comté fut réuni à la France, et ce lieu fortifié, importante défense du comté, tomba dans l’oubli. Mais le sol a donné récemment quantité de restes archéologiques, de sarcophages, etc.
Ancien prieuré de l’abbaye de Saint-Volusien, à Foix, l’église, l’une des plus séduisantes de l’Ariège, possède un vaisseau unique avec un chœur et une abside auquel on a adjoint deux petites dépendances latérales, dotées d’absidales, formant un faux transept.
L’abside est couverte d’un cul de four, ses murs sont renforcés à l’extérieur par deux pilastres latéraux et par deux contreforts traités à la manière d’éléments décoratifs. Les archivoltes moulurées prennent appui sur des chapiteaux décorés de feuillage, d’animaux et de palmettes. Le chœur carré, plus large que l’abside est limité par un vigoureux système d’arcades avec arcs à rouleaux. La nef est divisée en trois travées par des pilastres auquel correspondent à l’extérieur des contreforts. Il existe deux portes romane en plein centre. Celle servant aujourd’hui d’entrée porte des restes de décor peint à la détrempe.

La plus belle église romane d'Ariège...



© J. Bouffartigues - 2011.

Bâtie sur l'emplacement d'une ancienne église ayant succédé à un édifice wisigothique, lui-même précédé d'une construction romaine, elle fut élevée en 1104 au rang de prieuré dépendant de l'abbaye de Saint-Volusien. En 1216, la ville, le château et le prieuré sont biens d'église, indépendants du comté de Foix dont les limites se situaient en cet endroit-là au Pas-de-la-Barre. C'est pourquoi le Pape ordonna à Simon de Montfort (1160 -1218), de se rendre à l'église de Saint-Jean-de-Verges pour y répondre des plaintes formulées contre lui par le comte de Foix. En 1229, Roger-Bernard II, comte de Foix (+1241), rendit hommage en cette église au roi de France Louis IX (1226-1270) et obtint, du légat du Pape, l'absolution de l'excommunication qu'il avait encourue pour avoir soutenu l'hérésie albigeoise.
Le village tire son nom du hameau de Vergès qui s'étendait dans la plaine, sur l'autre rive de l'Ariège. L'église du début au XII° siècle s'est conservée presque intacte, sans gros remaniements. Une restauration récente, terminée en 1966, lui a d'ailleurs restitué son caractère initial. C'est la plus belle église romane de l'Ariège.
Il semble que le plan du XI° siècle ait été conçu pour une église à trois nefs. Nous aurions eu alors une église de plan basilical identique à la chapelle de Sabart commencée aussi dans le XI°. Mais l'église Saint-Jean n'a qu'une seule nef terminée par une abside ronde.

Un chevet d'une réalisation admirable



© J. Bouffartigues - 2011.

Deux absidioles encadrent l'abside et ne s'ouvrent pas sur un transept mais sur deux retraits qui semblent ne pas faire partie de la nef. L'accès ne se faisait que par des portes basses maintenant agrandies comme des arcades. La puissance, de chaque côté, du troisième pilier indique l'intention d'élever des transepts et même un clocher central. Le pignon contre lequel s'appuie l'abside dépasse de peu le toit de celle-ci, ce qui donne une gradation de lignes d'une grande harmonie. Cette abside est ajourée par trois fenêtres dont l'archivolte repose sur des colonnettes par des chapiteaux ornés de feuillages et d'animaux. L'archivolte est entourée jusqu'au tailloir d'un bandeau orné de boutons. Elle est soutenue par deux contreforts qui, au niveau du seuil des fenêtres, se poursuivent en colonnes dont la supérieure plus mince s'arrête à la corniche, disposition semblable à celle du chevet de Saint-Papoul (Aude). La corniche est sur modillons. Les absidioles ont des baies plus simples percées dans une seule pierre en double ébrasement et une voûte plus basse que les sortes de petits transepts qui les précèdent. Cet ensemble, en grès ocre, fait du chevet de Saint-Jean-de-Verges une réalisation admirable.
Le clocher-arcade s'élève sur l'ancienne façade ouest, laquelle a été dotée d'un porche. Il se compose d'un campanile à deux arcades cintrées. La porte ouest a été percée et refaite au XVII° siècle. La restauration de 1966 a ouvert une porte de forme romane, sans autre décoration que le bel appareil de grès, sur la face nord, dans le porche qui n'était plus utilisé au XlX° siècle. Une autre porte basse de plein cintre s'ouvre au sud dans la courette qui sépare l'église des bâtiments du prieuré. Des contreforts carrés soutiennent la nef et trois contreforts sont établis sur la façade ouest s'appuyant sur un soubassement à redan chanfreinés.
Les trois absides sont voûtées en cul-de-four et sont précédées d'une travée voûtée en berceau. La nef est voûtée en berceau avec arcs-doubleaux à deux rangs de claveaux tombant sur des piliers-contreforts intérieurs. Les chapiteaux imitent la corbeille corinthienne antique et parmi les feuillages nous pouvons découvrir un oiseau et de animaux chimériques. Un bandeau parcourt la nef orné de cercles fleuronnés.
La récente restauration a complètement dénudé l'église afin de présenter la beauté naturelle de cette pierre dorée. Le pavement a été réalisé en cette méme belle pierre, ainsi que le simple autel roman qui meuble l'abside.
Dans le cimetière qui entoure l'église, deux sarcophages en marbre, datés du XII° siècle, imitant l'antique.
Cl. A.
 
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