L'abbatiale Saint-Volusien et la Chapelle Notre-Dame de Montgauzy, à Foix
 
 
 
Données historiques de l'église
et des lieux de cultes,
classés ou non au patrimoine religieux.

En 1111, une église romane est "offerte" par un comte de Foix pour abriter les reliques de saint Volusien, 7ème évêque de Tours, mort vers 495 aux portes de Foix alors que les Wisigoths l'exilaient vers l'Espagne.

Fondée vers 860, l'abbaye de St-Volusien devint le lieu privilégié de la vie politique et religieuse de Foix. Détruite en 1580, au moment des guerres de religion, une église gothique est édifiée au 17ème siècle sur les vestiges de la première église romane (crypte, portail roman côté sud).
En 1789, à la Révolution française, les moines quittent l'abbaye. Les bâtiments de l'abbaye abritent actuellement la préfecture de l'Ariège.
Entamés en 1963, les travaux de restauration ont donné à l'édifice une sobre beauté originelle.
Quelque églises romanes du secteur étaient, en fait, des prieurés dépendant de l'abbaye.

Un peu d'histoire...

Au pied du rocher de Foix s'éleva, dès le début de la christianisation, une modeste église placée sous le vocable des saints Celse et Nazaire.
Vers le V° siècle, Volusien, évêque de Tours, emmené par les Goths en Espagne, fut martyrisé près de Varilhes et ses reliques furent conservées en l'église Saint-Nazaire. En action de grâces pour la victoire remportée en 778 sur les Sarrasins, le roi des Francs Charlemagne (768-814) fit élever le sanctuaire de Montgauzy, à Foix, et érigea l'église de Saint-Nazaire en abbaye bénédictine. Le roi Charles II, le Chauve, (843-877) réunit l'abbaye, en 849, au monastère de Saint-Tibéry. Au moment de la constitution du comté de Foix, en 1002, l'abbaye prit le vocable Saint-Volusien et devint indépendante avec, pour premier abbé, Pierre, fils de Roger, le Vieux, comte de Carcassonne.
En 1104, l'abbaye, adoptant la règle de saint Augustin, reçut vingt-et-une paroisses de la contrée qui devinrent des prieurés. Roger II, comte de Foix (+1124), au retour de la croisade, résolut de faire construire une meilleure église et fit transtérer les reliques de saint Volusien à Montgauzy de 1111 à 1123, date de l'achèvement de l'église romane.

Cette église, très agrandie au XIV° siècle fut saccagée en 1582 et l'abbaye incendiée, tandis que le cloître situé au sud était détruit. Le chapitre quitta la ville et, à son retour en 1602, dut célébrer les offices à la chapelle de l'hôpital. Pierre de Caulet, abbé, fit reconstruire Saint-Volusien, en 1609. Ce fut l'abbé Louis de Bassompierre qui réussit à établir la réforme, en appelant, en 1658, les chanoines réguliers dits de Sainte-Geneviève. Son évêque François Étienne de Caulet (1645-1680) fit reconstruire la voûte en 1675, releva le maître-autel et l'abbé J. de Gournay compléta, en 1681, les embellissements.

Ancienne abbatiale Saint-Volusien

Seuls quelques éléments du soubassement de l'église primitive ont été mis à jour en 1963, mais la seconde église, de 1123, a laissé visibles les transepts et un portail romans. Sur le mur méridional, une première hauteur d'assises appareillées en grès, un oculus en claveaux de grès indiquent la construction ancienne. La porte a deux arcs cintrés, légèrement outrepassés, ce qui les avait fait passer pour mozarabes, supportés par quatre colonnettes à chapiteaux sculptés de feuillages avec crosses entrelacées où passent des lions affrontés. Les tailloirs sont garnis de billettes et les bases ont le tore orné de dents de scie. Du côté droit, une pierre ornée d'un chrisme comme à Vic et à Ornolac.
L'église était à trois nefs de très bel appareil de grès ocre, les fenêtres basses éclairaient les bas-côtés. Au XlV° siècle, les trois nefs avaient déjà été supprimées pour édifier un vaisseau plus large, de choeur ogival, entouré de sept chapelles et dont les murs étaient soutenus par des contreforts. Cette église fut démolie en 1582 jusqu'au-dessous de la voûte des chapelles méridionales. Les chapelles du nord, qui touchaient aux bâtiments de l'abbaye, furent détruites jusqu'au sol. Les décorations gothiques furent brisées.
Le souci de Pierre de Caulet fut de restituer, en 1608, le plan de l'église du XlV° et d'utiliser les matériaux récupérables. Il releva le choeur en lui laissant les formes ogivales qui présentent des traits abâtardis : tores encadrant les fenêtres et se prolongeant sans bases ni chapiteaux, colonnes grêles portant les arcs sur un lourd chapiteau oblong retaillé. Il refit les contreforts qu'il prolongea en briques jusqu'au sommet du mur et, du côté nord, il refit entièrement le mur dans lequel il établit un chemin de ronde destiné à la défense.
L'appareil grossier et les encadrements mal taillés attestent un travail hâtif. Les offices reprirent le 21 décembre 1613, mais dès 1662 les poutres menaçaient ruine et la voûte ne fut posée sur le choeur et la nef qu'en 1672. Le petit clocher inachevé date de 1668. Exécutée avec de faibles moyens, cette église avait grande allure et des peintures masquaient les maçonneries disparates.

De chaque côté du choeur sont disposées treize stalles acquises en 1804 à l'église Saint-Sernin et construites en 1670 pour le chapitre de Toulouse. Les accoudoirs présentent de belles sculptures de têtes humaines et de chèvres qui ne manquent pas d'humour. Aux miséricordes des angelots et des serpents.
D'importants travaux ont été entrepris en 1963 pour supprimer les peintures et les crépis et pour refaire le dallage ce qui a permis de retrouver la crypte de l'église primitive et de suivre sur les murs les divers remaniements.

Chapelle Notre-Dame de Montgauzy

Cette chapelle, au nom de Montjoie, perpétue le souvenir de la victoire de Charlemagne sur les Maures, en 778. Cette fondation mariale fut un prieuré de l'abbaye des Augustins, à Foix. Le pèlerinage à Notre-Dame de Montgauzy prit de l'extension et l'évêque dut intervenir, en 1340, contre les excès des pèlerins montagnards qui y faisaient de bruyantes veillées. Le 4 janvier 1562, la chapelle souffrit de l'irruption des Réformés et, en 1579, le gouverneur du château de Foix la fit démolir ainsi que le clocher. Reconstruite dès 1628, les cérémonies du pèlerinage solennel reprirent le 8 septembre, puis, vendue en 1791, elle devint propriété privée et tomba en ruines.
Le département en fit I'acquisition en 1840 pour installer l'École Normale dans le domaine et la chapelle fut rendue au culte en décembre 1853 pour être encore fermée en 1883, tandis que le mobilier était dispersé. Réparée en 1943, elle fut à nouveau rouverte au culte.

Il ne reste rien de l'ancienne église romane ni de celle du XIII° siècle. L'église actuelle, qui est en partie celle de 1628, a conservé le plan roman. Elle présente une grande façade ouest percée d'une fenêtre plein cintre et d'un portail imité du roman. Le clocher carré, analogue à ceux de Haute-Ariège, situé à l'angle nord-est, en façade, présente un mur nu terminé par un étage ouvert sur les quatre faces de deux fenêtres géminées que surmonte une petite dèche en ardoises. L'ensemble reste froid et ne rappelle rien des foules que la dévotion y attirait.

Cl. A.




 
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