Eglise de la Nativité de la Vierge, à Couflens (Couserans)
 
 
 
L'église de la Nativité de la Vierge est établie au hameau de Salau, dernier village francais sur la frontière d'Espagne, à deux heures de marche du port de Salau qui vit passer tant de colonnes d'hommes d'armes et de pèlerins.
Les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem avaient déjà établi un hospice, dans ce village, dès le XII° siècle, autour de la chapelle Sainte-Marie construite selon la tradition, à la fin du XI° siècle, par une princesse d'origine espagnole qui voulut faire édifier une chapelle semblable à celle d'Esterri, sur le versant espagnol. Quelques pierres auraient été trouvées qui porteraient la date de 1081 mais rien ne permet d'affirmer qu'elles appartenaient à l'église, pas plus qu'il n'est possible d'assurer que la princesse au coeur généreux aurait été Agnès, la seconde épouse répudiée des sept femmes d'Alphonse VI de Castille et fille de Guillaume de Poitiers. Jusqu'à la Révolution, la maison resta propriété de l'ordre de Malte dépendait de la commanderie de Caignac, I'hospice a disparu mais l'église, aujourd'hui isolée, conserve quelques caractères de son rôle de chapelle des voyageurs.
Elle fut emportée le 7 novembre 1982 par les flots tumultueux du torrent à la suite d'un violent orage. Elle vient d'être reconstruite à l'identique grâce à la générosité et à la ténacité d'une association.
C'est un édifice simple à une seule nef avec abside circulaire construite en tuf et couverte en cul-de-four. Un clocher-arcade élève son élégant campanile, sur la façade ouest, percée de quatre arcades à arc plein cintre sur deux rangs ornées de colonnettes de marbre blanc et de chapiteaux de style archaïque. Le filet terminant le pignon est orné de triangles, ellipses et têtes d'un art typiquement pyrénéen.
Toutefois, I'ancienne façade du XI° siècle avait déjà disparu car les Hospitaliers, au XIII° siècle, avaient prolongé la nef par une autre plus haute et plus ajourée destinée à accueillir les pèlerins qui, souvent, s'y reposaient. Ils avaient relié ces deux nefs par une large arcade ouverte dans le mur supportant le clocher qui se trouvait au milieu de l'édifice. Une fenêtre géminée avec colonnette terminée par un chapiteau à palmette était la seule sculpture de cette nef.
Un porche, nécessaire en ce pays de neige et utilisé au Moyen Âge pour les colloques et délibérations de la communauté, s'élevait devant la porte. Il a été démoli au XVIII° siècle. Il en reste quelques colonnettes et une douzaine de chapiteaux barlongs, à corbeille nattée ou à entrelacs d'apparence très primitive et remployés dans la clôture du cimetière, certains proviennent du petit cloître aujourd'hui disparu de la communauté des Hospitaliers.
Cl. A.
 
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