Nouvelles croyances et dérives sectaires (Pastorale...)
 
 
 

« Le Nouvel Âge,
un air qu’on respire partout ! »

Le Nouvel Âge se répand comme un gaz qui envahit tout notre espace et qu’on respire partout. Ni secte, ni organisation, le Nouvel Âge est un système multiforme et insaisissable qui s'adapte à tout ! 
 
Sans couleur politique ni religion, il est un mode de pensée, une disposition d'esprit qui envahit le monde entier, un nuage qui change de forme au gré du vent et qui investit tous les domaines : santé, bien être, culture, radio, musique, cinéma, développement personnel, politique, spiritualité…

Le Nouvel Âge (ou New Âge) prétend être la synthèse et le parachèvement des religions, l'accomplissement des prophéties, le summum des philosophies, un mouvement pour « l'éveil de la conscience planétaire » du 3ème millénaire.

Le Nouvel Age s’infiltre comme un parasite dans les traditions religieuses ou culturelles, qu’il finit par transformer de l’intérieur. C’est ainsi que le Nouvel Age a cherché, et pratiquement réussi, à pénétrer dans toutes les traditions religieuses - y compris chrétienne - pour se développer à leurs dépens…

Et pourtant, « L’existence et la ferveur de la pensée et de la pratique Nouvel Âge confirment le désir inextinguible de transcendance de l’esprit humain et de sens religieux… » précise le Conseil Pontifical de la Culture dans «  Jésus-Christ, le porteur d’eau vive » 

Souvent présenté comme une bouffée d’oxygène et de liberté dans un monde pollué d’interdits, le Nouvel Âge utilise ce désir inextinguible de transcendance et de sens pour étendre son emprise sur les consciences. 

Attention ! Le New Âge serait ‘il un gaz toxique qui fausse nos jugements ? Comment discerner ? A quels défis pastoraux sommes nous confrontés ? Et quel air donnons-nous à respirer dans notre Église ?

 Jean-Marie Dessaivre


 
Les racines et les croyances du Nouvel Âge

Un patchwork de croyances

Les hommes ont toujours cherché dans les religions des réponses aux questions fondamentales de l’existence humaine. Dans les dernières décennies, sont nés différents mouvements ou nouvelles religions qui sont habituellement regroupés sous le vocable de « Nouvel Âge ».

À la confluence de plusieurs courants :
  • Religieux d’inspiration judéo chrétienne pour bâtir une société chrétienne, avec un fort accent sur l’expérience personnelle, le rite, le témoignage, la lecture fondamentaliste de la Bible (Renouveau Pentecostal...). Certains considèrent le monde comme mauvais et ont une démarche apocalyptique.
  • Hippie et drug-culture : religion du LSD, rejet de la société américaine et révolution du rock and roll. Les expériences spirituelles sont en fait psychédéliques. On parle d'élargissement de la conscience à l’aide de stupéfiants. 
  • Mouvements du potentiel humain : la figure de Dieu est niée. Ils aident les personnes à devenir plus autonomes et responsables et à développer leurs capacités pour dominer l’espace, le temps, la matière et entrer en contact avec l’Être Suprême. 
  • Religieux de l’Orient : bouddhisme et hindouisme pour les quelles la vie en ce monde est douleur. Pour arracher les hommes à la souffrance, le seul moyen efficace est l'extinction du désir. Le principe de non-dualité amène à la fusion avec le Vide ou le Brahman. Une autre croyance est celle de la réincarnation, incompatible avec celle de la résurrection. 
  • Ésotéro-occultiste: spiritisme,  occultisme. Chaque cellule, chaque organe a sa conscience, sa mémoire, son esprit, son énergie (médecine holistique du N.A). L’ésotérisme fait référence à une « Tradition Primordiale », dont seraient issues toutes les religions actuelles et qui serait appelée à les remplacer. L’avènement de l’ère du Verseau, à la suite de celle du Poisson (période chrétienne),  se déduit de croyances astrologiques. Par la magie l’homme entend manipuler le sacré pour acquérir des pouvoirs, ce qui inverse totalement le rapport entre la créature et Dieu.
Le Nouvel Age récupère tout dans sa propre vision. Nourri d’ésotérisme, il englobe les religions, proposant la spiritualité de l’avenir. Il exalte des valeurs morales individuelles mais avec des amalgames entre scientifique et religieux, entre psychologique et spirituel. 
 Les croyances du Nouvel Age qui divergent par rapport à la foi chrétienne 
  • Dieu est une énergie impersonnelle,  une composante du cosmos, la force vitale ou l’âme du monde.  Il n’est pas une personne mais une « Grande Conscience ». Tout est divin, y compris les hommes. Dieu est à l'intérieur du moi profond (relation de fusion). Cette énergie divine est puisée en nous pour être utilisée, exploitée, manipulée.
  • Le Christ est un sage, un initié ou un avatar parmi d'autres (Jésus de Nazareth, Boudha, Mahomet…). Jésus historique est distinct du Christ impersonnel et universel: énergie christique. Sa mort est contestée, il n’a pas pu souffrir. Une exégèse ésotérique des textes bibliques donne des révélations sur Jésus, transmises par des esprits guides, maîtres ascensionnés.
  • L’homme holistique est un élément de l’univers. Les techniques (respiration holotropique, hypnose, mantras, jeûne, privation de sommeil...) servent à vivre et contrôler des états mystiques, dans un climat de vulnérabilité psychique.  Nous sommes notre propre référence (Mouvement de Développement du Potentiel Humain).
  • La notion de péché n’existe pas, mais celle d'une connaissance imparfaite, d’un défaut de croissance, la conséquence d'une structure sociale inadéquate... L’« illumination » est obtenue par des techniques psychophysiques. « Laissez-vous guider par votre intuition. Ayez confiance en vous ». L'autorité est passée de Dieu au moi. Pour réaliser pleinement son potentiel, une vie ne suffit pas, la réincarnation est nécessaire.
  • Le Nouvel Âge parle d’auto-rédemption. Au cours des réincarnations successives, le chemin du salut passe par une transformation de la conscience. Il est une expérience du moi.
  • La vérité  se vérifie par les bonnes vibrations, les correspondances cosmiques, l'harmonie. Sa vérité a pour critère son « bien-être », notion subjective et personnelle. Les opinions dépendent des sentiments et des expériences de chacun.
  • La prière est une technique pour atteindre une plénitude, une harmonie avec soi-même (conditionnement psychologique). Certaines expériences nous mettent en union avec l'Énergie universelle. Parfois intenses, elles peuvent laisser seuls face à un vide et mènent à l'introspection et à la fusion avec l'énergie cosmique.
  • La souffrance est due à notre incapacité de tirer parti de nos ressources.  La réincarnation est nécessaire à notre croissance spirituelle, commencée avant la naissance et poursuivie après la mort. 
  • Pour certains, le monde est mauvais, va à sa perte. Alors on refuse de s’engager dans ce monde et on recherche un lieu communautaire qui nous protège, nous met à l’écart.  
En conclusion, le Nouvel Âge, même  si certains de ses adeptes sont dans une authentique recherche spirituelle, est en opposition avec le christianisme dont il prédit la disparition à l’ère du Verseau caractérisée par la venue du Christ cosmique qui établira 1000 ans de bonheur, une sorte de retour au paradis originel.

Bernard de Fornel


Adresse utile : 
  • Abbé Jean-Baptiste ANGLADE - Tel. : 05 61 69 50 11.

Crédit photo : © Jean-Marie Dessaivre
Crédit dessins : © Fr. Jean-Baptiste
 
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